Des nouvelles de l’atelier

Depuis plusieurs mois je me fais  rare ici.

J’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai obtenu mon diplôme en juin (CAP Couture Flou Artisanal) et que j’ai été directement embauchée dans une entreprise de confection de prêt à porter pour des marques haute couture. C’est une très belle opportunité, qui me permet d’acquérir rapidité, précision et qualité haut-de-gamme. Dès mon arrivée j’ai travaillé sur du Chanel, autant dire qu’au début on n’ose pas trop manipuler les matières…

Comme j’habite assez loin de mon lieu de travail et qu’en pleine saison les semaines étaient très longues (44h) je n’avais plus l’énergie de coudre le soir.

A côté de cela j’organisais mon nouvel espace couture, ce qui m’a pris beaucoup de temps, d’une part à cause de la raison citée ci-dessus mais également parce que je suis extrêmement maniaque ! Mais je suis enfin installée, avec l’espace le plus ergonomique possible 🙂 J’ai pu reprendre du service. Voici un petit aperçu de pièces pour la tenue Fancy Dress des Automnantes 2017, que je co-organise.

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Tournure queue d’écrevisse

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Aperçu d’un corset en cours de finition

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Retour d’achats – Février 2017

(Vidéo à venir 🙂 )

En stage en Belgique, on m’a conseillé d’aller sur le marché à Maastricht le vendredi matin. Voici un petit bilan de mes achats.

Tout d’abord, mon coup de cœur : des mousselines, toutes fluides et parfaites pour mon projet de chemisier inspiration 1900.

J’ai pris trois couleurs différentes, deux claires (rose pâle, et écru) car je voyais le chemisier dans ces tons là, et j’ai aussi pris une bleu foncé, car je me dis que peut-être en réaliser un dans un ton foncé pourrait être intéressant. Je ne sais pas encore, mais je l’aurai de côté si besoin !

Ensuite, j’ai trouvé un coupon de velours couleur… Beige (? j’avoue avoir du mal à le définir vraiment), c’était un restant de rouleau, il doit faire 1m et a des écritures à un endroit. Je l’ai pris en me disant qu’il pourrait faire des pièces d’un corset (mais pas un corset entier car là ça ferait trop cheap), il était à 1€, ce n’était donc pas très risqué.

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Pour en finir avec les tissus, j’ai pris des tulles (souple et rigide) et de l’organza noir. Ils serviront soit à compléter un jupon que je compte retravailler soit pour un nouveau. Le jupon déjà existant est celui d’une robe en stand-by depuis un an, il avait été confectionné pour le Salon Fantastique 2016, et il m’avait pris tellement de temps que je n’avais pas pu finir la robe pour l’événement. Mais je vais la reprendre prochainement et elle sera finie pour le FIMA en juin, et je serai rejoint par une brodeuse qui va embellir la robe. Bref, j’y reviendrai !

Finalement, l’endroit où j’ai passé le plus de temps est un stand de mercerie. Des galons à n’en plus finir, j’en avais plein les yeux ! Des galons à 1€/m là aussi. Mais je ne voulais pas faire d’excès budgétaire non plus alors je me suis contentée de sélectionner des galons pour aller avec le serre-taille que je m’apprête à réaliser. Je n’avais pas apporté d’échantillon avec moi, donc j’ai décidé de prendre plusieurs galons pour choisir ensuite, les autres me seront forcément utiles à un moment donné !

Mon préféré pour le moment est le premier (avec des paillettes rondes). J’avais acheté le brun à paillettes pour le laçage dans le dos à la manière de cette robe (vidéo). Mais comme je compte porter le serre-taille de manière régulière, je pense qu’il ne conviendra pas, car il est un peu extensible, les paillettes se détachent facilement et il me semble assez fragile. Mais… il servira tôt ou tard !

Et un dernier galon pour la route ! Il n’a pas de projet défini mais j’ai mes idées !

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Spectacle « Nous étions mousquetaires »

Ce vendredi s’est jouée la première représentation du spectacle « Nous étions mousquetaires » de la compagnie Les Lanternes Public. J’ai eu le plaisir d’être la costumière de ce projet, qui m’a beaucoup plu dès que l’équipe m’en a parlé. Petite présentation :


«Mordiou !

Le capitaine d’Artagnan recrute de nouveaux mousquetaires.

14Vous aimez l’aventure?
Vivre selon les règles de la guerre, de l’honneur et du poète ?

Trois célèbres Mousquetaires seront là pour vous apprendre
le maniement des épées et des mousquets, le courage
et bien d’autres choses encore…

Et quelle autre façon de vous former qu’en vous racontant leur histoire ?
Mais attention, de leur point de vue, et on apprendra des choses que d’Artagnan aurait bien souhaité cacher.

Et n’oubliez pas :

Tous pour Un, Un pour Tous ! »

 


La pièce est inspirée du livre « Vingt ans après », d’Alexandre Dumas où nous suivons les personnages, comme le titre l’indique, vingt années après « Les Trois Mousquetaires ». Elle est tout public, traitée avec humour avec une portée ludique où le public peut devenir acteur de la pièce.

Les indications qui m’étaient données étaient : trois costumes (Athos, Porthos, Aramis + une cape pour le rôle de Milady) d’évocation historique*, dans les années 1650. Ils devaient permettre aux comédiens de bouger car il s’agit d’un spectacle comportant beaucoup d’escrime, donc être « souples » mais solides, surtout que le spectacle est prévu pour une tournée de trois ans. J’ai aussi respecté les caractéristiques personnelles des personnages pour choisir les couleur, les tissus et les coupes.

Le metteur en scène et moi avions des idées similaires sur l’esthétique de la pièce, il a donc été assez facile de choisir des formes et les tissus, et j’ai pu jouir d’une grande liberté de création grâce à cette confiance mutuelle.

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Illustration de « Les Trois Mousquetaires » des éditions Appleton – 1894.

Après des recherches iconographiques et historiques, croisées de plusieurs sources, j’ai constaté que les hommes en 1650 portaient (hors sous-vêtement) :

  • une chemise de dessous qui pouvait dépasser
  •  un pourpoint / une casaque
  • un pantalon ample qui pouvait se « fourrer » dans les bottes ou être resserré sous le genou avec un ruban décoratif.
  • Des bottes à revers ou des cuissardes.

Nous avons choisi avec le metteur en scène de leur donner un élément commun afin de rappeler leur lien; et il a été décidé qu’il s’agirait de capes de couleur bleu, rappelant ainsi la royauté qui les unissait et la couleur de leur casaque de mousquetaires.

Je suis également tombée sur ces illustrations de mrharp, que je pense un peu fantaisistes pour de la reconstitution, mais malgré tout cohérentes donc je m’en suis inspirée.

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Pour faire mes patrons de pourpoints et de pantalons, j’ai utilisé la théorie de tracé « Pattern cutting for men clothing » d’Elizabeth Friendship, qui permet de partir directement des mesures des comédiens, et non pas transformer des patrons existants. Ils sont censé donner une coupe historique donc j’étais tranquille de ce côté là.

 

(Astuce) Le pantalon étant particulièrement large…

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… J’ai décidé de faire le même modèle pour les trois acteurs, étant de corpulences presque semblables, et de mettre un élastique à la taille au lieu d’ajuster le vêtement avec une ceinture. De cette manière, le pantalon pourrait être utilisé par différents acteurs si le comédien venait à changer, ou pour un autre spectacle, et cela évitait trop de retouches étant donné que je travaillais à distance. Leur particularité résidait donc dans le tissu choisi.

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Charles Ier d’Angleterre par Daniel Mytens, 1631

Concernant les pourpoints, leurs particularités résidaient dans leurs coupes ainsi que le choix des matières. Porthos, un homme fier aimant se montrer, serait donc habillé en rouge décoré d’or, avec sa chemise apparente (à l’époque, on laissait dépasser la chemise, considérée comme un sous-vêtement, afin d’en montrer sa richesse car elle pouvait être cousue dans de beaux matériaux tels que la soie), tandis qu’Aramis est un personnage plutôt fin, subtil et coquet. J’avoue être un peu sortie des limites en proposant un Aramis tout en (simili) cuir, tirant plutôt sur le D’Artagnan des illustrations ci-dessus, mais le résultat a beaucoup plu et est donc resté ainsi. Athos, quant à lui, est un noble digne, et pourtant sans fioriture, j’ai donc décidé de lui dédier la coupe la plus importante socialement, qui se retrouve dans beaucoup de tableaux représentant des personnes influentes (exemple Charles Ier par Daniel Mytens en 1631 ci-contre) avec des manches comportant beaucoup de « crevés » et qui laissent donc beaucoup voir la chemise.

Ce tableau est bien sûr trop ancien par rapport à l’époque de la pièce, mais il s’agit d’un choix délibéré : Athos, ici, est un comte qui reste discret et humble et ne cherche pas à attirer l’attention. De ce fait il ne s’intéresse que peu à la mode et garderait sur lui un style qui lui plait sans vouloir plaire aux autres. Ayant perdu une partie de sa fortune, il sera peu décoré, seulement un galon argenté, pour souligner sa condition sans le noyer sous les fioritures, qui ne conviendraient ni à sa personnalité img_0637discrète ni à sa fortune.

Pour finir, nous avons décidé de réaliser des sur-chaussures (guêtres) en simili cuir afin d’imiter une botte à revers.

Quelques photos en cours de réalisation :

Cet article sera édité lorsque j’aurai des photos plus précises pour vous montrer des détails, mais voici un aperçu des costumes en pleine action, clichés par Igor Bartz.

Et deux vidéos réalisées par Maxime Breteau :

Teaser 1  / La lettre de D’Artagnan

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fleslanternespublic%2Fvideos%2F1126111090821319%2F&width=500&show_text=false&height=280&appId

Compagnie : Les Lanternes Public

Mise en scène : Valentin Pierquet

Athos : Léo Schalck

Porthos : Mathias Marmeuse

Aramis : Loïc Bonhomme

Merci à Petites coutures et gourmandises d’Emilie pour la réalisation des capes, des guêtres, aide aux finitions et pour son soutien sans faille, et à Anne Resta pour sa participation aux prémices du projet !.

* Il est important de souligner le mot « évocation », car il ne s’agit pas de reconstitution. La reconstitution nécessite des recherches plus poussées que celles que j’ai faites (qui étaient déjà avancées) ainsi que des techniques de réalisation et surtout des matières plus spécifiques.

Avancée du blog

Bonjour à tous,

 

Le blog est en train de se réorganiser. J’ai toute une liste d’articles en cours d’écriture, mis comme je me déplace beaucoup en ce moment et que je n’ai pas d’ordinateur portable c’est un peu plus long que prévu.

A venir deux articles sur deux spectacles sur lesquels j’ai travaillé (Don César de Bazan, opéra, mon projet de fin de DMA; et Nous étions mousquetaires, une pièce de théâtre écrite par la compagnie Les Lanternes Publics, qui a eu sa première représentation ce vendredi).

 

Et un article + vidéo sur mes derniers achats tissus ainsi que les futurs projets à venir.

 

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Creating historical clothes – Elizabeth Friendship

Cet été, je me suis fait un cadeau. Après deux ans à avoir sué en cours, je me le devais bien !

J’ai donc commandé Creating historical clothes d’Elizabeth Friendship (évidemment, comme presque toujours dans le domaine du costume, c’est en anglais).

 

 

 

 

 

Déjà, petit tour du propriétaire :

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Donc comme tout bon livre de patronage, on commence par les blocs de base qui serviront pour les transformations dans les chapitres précédents.

Puis les chapitres suivants sont traités par siècle :

(Désolée pour la qualité des photos, faute de ne pas avoir mon appareil photo sous la main, j’utilise mon téléphone !)

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Chaque chapitre commence par un descriptif axé costume du siècle concerné.

 

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Le descriptif se termine par des artistes de l’époque donnant des pistes pour des recherches iconographiques sur lesquelles s’appuyer, un glossaire spécifique l’époque et une liste des matières les plus utilisées à l’époque.

 

Ensuite on entre dans le vif du sujet, avec des schémas et les instructions pour les tracer. Ici un modèle simple : une jupe.

Ensuite on entre dans le vif du sujet, avec des schémas et les instructions pour les tracer. Ici un modèle simple : une jupe.

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Je n’ai pas encore testé ce livre, mais pour l’avoir feuilleté de manière approfondie, je peux dire que je vais m’amuser ! La seule chose que je lui reprocherais est qu’il possède extrêmement peu d’images permettant de voir le rendu fini des diagrammes. Il faut donc soit avoir une bonne visualisation dans l’espace soit faire des essais (il FAUT toujours faire une toile, mais ici le résultat peut être loin de ce à quoi on s’attendait !).

 

De plus j’ai lu quelques reviews prometteuses sur internet, donc sur le site incontournable American Duchess ou Worn Through.

Je pense le tester en réalisant une robe XVIIeme présentée dedans. A voir !